« TXOTXA »

Gure bizitzearen desjabetzeak aitzina jarraikitzen badü ere, Xiberoko bortüetan iraganeko bizimolde kolektiboaren herexak ediren daitezke egün orano. Olhalteen lege eta üsantxa xaharretan bermatzez, artzainek bortüetako lür komünen erabilpen kolektiboarekin jarraikitzen düe.

« Txotxa » da segürrenik ere iraganean Xiberoan nausi zen praktika komünitario kolektiboaren aztarnetarik azkena. Etxalte bakotxak, olhaltean züan txotxaren araberako ardi kopürüa igaiten züan bortüala. Eta olhaltearen antolaketa kolektiboaren araberakoa zen artzain bakotxaren parte hartzea olhako akodinetan.

Iraultza Frantsesa denboran ezarri zen jabego pribatüaren legeetan bermatzez bürütü diren txotxen salerosketek, olhalteen üsantxa azkarki baldintzatü düe.

Iragana idealizatü gabe, Txotxak lür komünen erabilte kolektiboaz haratago bizimolde kolektiboa irudikatzen dü gure begietara : desjabetzetik elkiz, gure bürüaren jabe egiteko zelümüga xahar-berria.

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Extrait sonore : Petti Berrogain Ekixondoborda, berger à Lexarregaratea dans les Arbailles (CD Arbaila chez ZTK / juillet 2002)

Le txotxa se faisait entre trois maisons, ou bien avec soixante brebis. Celui qui avait le txotxa pouvait utiliser la montagne. Quand il y avait cinq txotxa ça faisait beaucoup de fromage. Parfois trois maisons formaient ensemble un txotxa. Ceux qui avaient un txotxa et ceux qui n’en n’avaient qu’un quart étaient pareillement considérés. Autrefois il y avaient des maisons qui trayaient vingt ou trente brebis. Avec 15 brebis on avait un quart de txotxa.

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Même si  la spoliation de nos vies se poursuit, il reste encore des traces d’un mode de vie et d’une pratique collective en Soule. Vestige de lois et de coutumes anciennes régissant l’organisation des cayolars, les bergers maintiennent cette pratique collective des terres communes et indivises dans les montagnes souletines.

Le « Txotxa » est sans l’ombre d’un doute l’une des dernières trace de cette pratique. Le nombre de brebis envoyé en estive par chaque ferme était établi selon la part d’une « Txotxa ». Pendant que la participation de chaque berger dans la vie quotidienne du cayolar était déterminée par une vision et une organisation collective des estives. Depuis la Révolution française et suite à la réglementation de la propriété privée, nous avons assisté à de nombreuses ventes de parts ou « Txotxa » dans les cayolars, ce qui a contribué à mettre en péril la coutume ancestrale régissant l’usage collectif des estives.

Sans idéaliser le passé, et au-delà de l’usage collectif des terres indivises des montagnes souletines, le « txotxa » représente à nos yeux une approche collective de la vie en communauté ; un horizon qui nous permet de redevenir maîtres de notre destinée. Les organisations sociales qui ont existé à d’autres époques ou en d’autres lieux montrent en tout cas que le système marchand n’a pas toujours été présent et n’est pas le seul possible.